- Qu’est-ce qu’un PEA et un PEA-PME ?
- Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME en cas de retrait ?
- Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME en cas de décès (succession) ?
- Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME à l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) ?
- Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME à l’étranger (expatriation) ?
- Ce qu'il faut retenir
- Vos questions les plus fréquentes
Le PEA et son complément, le PEA-PME, figurent parmi les placements incontournables pour tout investisseur particulier. Au-delà de leur rôle dans la constitution d’un portefeuille d’actions et/ou d’ETF, ils offrent un cadre fiscal privilégié (après 5 ans) qu’il est essentiel de maîtriser pour en mesurer tout l’intérêt.
Dans cet article, vous découvrirez la fiscalité du PEA et du PEA-PME : en cas de retrait (avant et après 5 ans), de succession, de non-résidence fiscale et à l’IFI, illustrée par des exemples concrets.
Qu’est-ce qu’un PEA et un PEA-PME ?
Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) est une enveloppe fiscale permettant d’investir en actions françaises et européennes dans des conditions très avantageuses. Concrètement, il combine :
- un compte espèces, où vous effectuez vos versements et où sont crédités les dividendes ou produits de cession,
- un compte-titres, qui héberge vos investissements (actions, parts de fonds, ETF éligibles).
Son atout majeur réside dans la fiscalité : après 5 ans de détention, les gains (plus-values et dividendes) sont exonérés d’impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus.
Les différents types de PEA
Il existe plusieurs variantes adaptées à chaque profil :
- PEA classique bancaire ou assurance : le plus courant, avec un plafond de versement de 150 000 €.
- PEA-PME : complémentaire au PEA classique, il vise les petites et moyennes entreprises ainsi que les ETI, avec un plafond de 225 000 €.
- PEA Jeune : accessible dès 18 ans pour les jeunes rattachés au foyer fiscal de leurs parents, avec un plafond limité à 20 000 €.
💡Conseil d’expert
Il est tout à fait possible de cumuler un PEA classique et un PEA-PME, ce qui vous permet d’additionner les plafonds de versement et d’investir sur une base plus large tout en bénéficiant de la fiscalité avantageuse propre à ces enveloppes. Concrètement, cela vous offre une surface d’investissement totale pouvant atteindre 375 000 €.
Pour qu’une action soit éligible au PEA, la société doit avoir son siège social dans un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen. Les OPCVM (fonds d’investissement) peuvent également l’être, à condition que 75 % de leurs actifs soient constitués de titres éligibles.
Chaque personne ne peut ouvrir qu’un seul PEA. Pour y souscrire, il faut être majeur et résident fiscal en France. Les jeunes de 18 à 25 ans rattachés au foyer fiscal parental peuvent bénéficier d’un PEA jeune, qui offre les mêmes avantages que le PEA classique, mais avec un plafond de versement plus faible.
Un outil flexible et diversifié
Au sein d’un PEA, vous pouvez investir directement en actions ou via des fonds (OPCVM, ETF). Les ETF éligibles, notamment les ETF synthétiques, permettent même d’accéder à une large diversification (indices mondiaux, obligations, matières premières) tout en restant dans le cadre fiscal avantageux du PEA.
Plafonds et fonctionnement
Les versements sur un PEA sont plafonnés (150 000 € pour le PEA classique, 225 000 € pour le PEA-PME). En revanche, la valeur totale du plan peut dépasser ces plafonds grâce à l’appréciation des titres et les dividendes perçus.
Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME en cas de retrait ?
Le PEA et le PEA-PME sont des enveloppes fiscales très avantageuses. Leur fonctionnement repose sur une règle simple : tant que vous ne retirez pas d’argent, aucun impôt n’est dû sur vos gains (dividendes et plus-values). L’imposition ne se déclenche qu’au moment d’un retrait ou de la clôture du plan.
Avant 5 ans : régime fiscal classique
Un rachat avant 5 ans est nécessairement total et entraîne des conséquences lourdes :
- Fermeture automatique du PEA (sauf cas particuliers : licenciement, invalidité, retraite anticipée, création ou reprise d’entreprise).
- Les gains (plus-values et dividendes) sont taxés comme sur un compte-titres ordinaire, au choix :
- Flat Tax (PFU) à 30 % = 12,8 % d’impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux ;
- ou barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec toujours 17,2 % de prélèvements sociaux. Un abattement de 40% est applicable sur les dividendes taxés.
Exemple fiscalité PEA avant 5 ans :
Vous avez investi 50 000 € sur un PEA qui vaut 60 000 € au bout de 3 ans. Aucune distribution de dividendes n’a été réalisée.
Plus-value = 10 000 € lié à revalorisation des actions détenues.
En cas de retrait, 30 % de taxation s’appliquent, soit 3 000 € d’impôts et prélèvements sociaux.
Cas particuliers : licenciement, invalidité, reprise et création d’entreprise
Il existe certaines exceptions liées aux retraits effectués sur un PEA avant sa 5ᵉ année :
- Si le rachat est utilisé dans les trois mois pour créer ou reprendre une entreprise, le PEA n’est pas clôturé et les gains réalisés sont exonérés d’impôt sur le revenu (les prélèvements sociaux restent toutefois dus).
- En cas de licenciement, d’invalidité ou de mise à la retraite anticipée (du titulaire, de son époux ou partenaire de PACS), le retrait anticipé ne provoque pas la clôture du PEA. Les gains restent néanmoins imposables selon les règles de droit commun (PFU de 30%).
Après 5 ans : le véritable avantage fiscal
À partir de 5 ans, la fiscalité devient bien plus attractive :
- Exonération totale d’impôt sur le revenu pour vos gains (dividendes + plus-values).
- Seuls les prélèvements sociaux (17,2 %) s’appliquent au moment du rachat, calculés uniquement sur la fraction de plus-value comprise dans la somme retirée.
- Les retraits partiels sont possibles sans clôture du PEA, et il reste possible de continuer à alimenter le plan.
Exemple fiscalité PEA après 5 ans :
Votre PEA initial de 100 000 € ouvert en 2020 vaut désormais 125 000 € (25 000 € de gains) en 2025. Ainsi, pour calculer la quote-part de gains dans tout rachat, il faut faire : 100 000 / 125 000 € = 80%
Un rachat de 5 000 € est réputé contenir 80 % de capital (4 000 €) et 20 % de gains (1 000 €).
L’imposition s’applique uniquement sur les 1 000 € de gains → 17,2 % de prélèvements sociaux soit 172 € prélevés.
Bon à savoir : depuis 2019, un rachat partiel après 5 ans ne clôture plus le plan et vous pouvez toujours effectuer de nouveaux versements.
Cas particuliers
- Rente viagère (PEA Assurance) : après 5 ans de détention du plan, la rente ouverte est exonérée d’impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux s’appliquent (sur une fraction dépendant de votre âge).
- PEA en moins-value : En cas de moins-value sur un PEA, celle-ci peut être imputée sur vos plus-values mobilières réalisées au cours des 10 années suivantes, quelle que soit la durée du plan. Attention : tout retrait sur un PEA de moins de 5 ans entraîne automatiquement la clôture du plan, ce qui permet l’imputation de la perte. En revanche, pour un PEA de plus de 5 ans, un retrait partiel ne ferme pas le plan, et la moins-value ne peut donc pas être imputée.
- PEA avec titres non cotés : les revenus issus de titres non cotés détenus dans un PEA ne bénéficient de l’exonération d’impôt sur le revenu que dans la limite de 10 % du montant investi. Au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est imposée à l’impôt sur le revenu et soumise aux prélèvements sociaux, comme tout revenu de capitaux mobiliers dans un CTO.
💡Conseil d’expert
Le PEA est conçu pour le long terme. Plus vous l’ouvrez tôt, plus vite vous franchirez le cap des 5 ans et profiterez de sa fiscalité avantageuse.
En cas de distribution de dividendes (via vos actions ou ETF), pensez à les réinvestir dans le plan : c’est la clé pour activer l’effet boule de neige des intérêts composés et maximiser la croissance de votre capital sur la durée.
Tableau de la fiscalité des gains : PEA et PEA-PME
| Avant 5 ans | Après 5 ans | |
|---|---|---|
| Retrait | Retrait total obligatoire, clôture du PEA (sauf exceptions : licenciement, invalidité, création/reprise d’entreprise). | Retraits partiels possibles, plan reste ouvert, nouveaux versements autorisés. |
| Imposition des gains | Flat Tax à 30 % (12,8 % IR + 17,2 % prélèvements sociaux) ou barème progressif (+17,2 % prélèvements sociaux, abattement 40 % sur dividendes). | Exonération d’impôt sur le revenu, seuls 17,2 % de prélèvements sociaux sur la part des gains retirés. |
| Moins-value | Imputable sur plus-values mobilières (10 ans) si clôture du PEA. | Non imputable si retrait partiel (plan reste ouvert). |
Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME en cas de décès (succession) ?
Lors du décès du titulaire d’un PEA, la clôture du plan est automatique. Les plus-values réalisées sont exonérées d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux, qui peuvent être déduits de l’actif successoral.
Les titres détenus sur le PEA entrent dans la succession et sont transmis aux héritiers, qui peuvent soit les ajouter à leur propre PEA, soit les recevoir sur un compte titres (PEA bancaire) ou conserver les conserver sur le contrat (PEA assurance).
Le PEA assurance présente un avantage fiscal supplémentaire : en cas de transmission, les titres peuvent être conservés dans une enveloppe fiscale, l’antériorité du plan est maintenue et les gains bénéficient des règles avantageuses de l’assurance-vie en cas de rachat (abattements de 4 600 € ou 9 200 € selon le cas).
Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME à l’IFI (impôt sur la fortune immobilière) ?
Le PEA et le PEA-PME (ou le PEA jeune) ne sont pas soumis à l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière). En effet, l’IFI ne prend en compte que le patrimoine immobilier du contribuable et exclut les actifs financiers tels que les actions, obligations ou fonds détenus dans un PEA.
Que vous déteniez des titres via un PEA classique, un PEA-PME ou un PEA jeune, leur valeur n’entre donc pas dans l’assiette de l’IFI, ce qui constitue un avantage supplémentaire pour la constitution d’un patrimoine financier.
Quelle est la fiscalité du PEA et PEA-PME à l’étranger (expatriation) ?
En tant qu’expatrié, vous ne pouvez plus ouvrir de PEA une fois que vous n’êtes plus résident fiscal français.
Cependant, votre PEA déjà ouvert avant votre départ peut rester actif, sauf si vous vous installez dans un État ou territoire non coopératif (ETNC).
Les retraits réalisés depuis l’étranger, si vous êtes non-résident fiscal, sont hors du champ d’application de la fiscalité française, ce qui signifie qu’aucun impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux ne sont dus en France. Toutefois, votre pays de résidence pourrait imposer les gains selon sa législation nationale.
Ce qu’il faut retenir
Le PEA, le PEA-PME et le PEA jeune permettent d’investir en actions/ETF avec des plafonds de 150 000 € (PEA) et 225 000 € (PEA-PME) et 20 000 (PEA jeune). Voici leur fiscalité en bref :
- Avant 5 ans : Retrait total obligatoire, clôture du PEA imposé (sauf exceptions : licenciement, invalidité, création d’entreprise). Gains taxés à 30 % (Flat Tax) ou barème progressif + 17,2 % de prélèvements sociaux.
- Après 5 ans : Gains exonérés d’impôt sur le revenu, seuls 17,2 % de prélèvements sociaux sur la part des gains retirés. Retraits partiels possibles, versements autorisés.
- Décès : Clôture du PEA, gains exonérés d’IR mais soumis aux prélèvements sociaux. Titres transmis aux héritiers.
- IFI : PEA et PEA-PME sont exonérés de l’Impôt sur la Fortune Immobilière.
- Expatriation : PEA ouvert avant le départ reste actif (sauf installation dans un ETNC) mais non ouvrable hors de France. Retraits exonérés en France depuis l’étranger, imposables selon le pays de résidence.




