- Présentation générale du contrat et de l'assureur
- Supports d'investissement disponibles
- Performance fonds euros du contrat Plan Assurance-vie
- Frais du contrat d'assurance-vie du Crédit Mutuel – CIC
- Les différents modes de gestion
- Notre avis : faut-il souscrire une assurance-vie au Crédit Mutuel – CIC ?
- Ce qu'il faut retenir
- Vos questions les plus fréquentes
Le Plan Assurance Vie proposé par le Crédit Mutuel – CIC est fréquemment recommandé aux clients du groupe dans le cadre d’un accompagnement bancaire classique.
Présenté comme une solution simple et sécurisante, ce contrat mérite toutefois d’être analysé au-delà du discours commercial de votre conseiller.
Dans cet article, nous partageons un avis objectif et argumenté, basé sur notre pratique professionnelle et sur l’examen des données disponibles.
L’objectif est de vous donner les clés nécessaires pour juger de la pertinence de ce contrat au regard de vos objectifs patrimoniaux.
Présentation générale du contrat et de l’assureur
La banque mutualiste Crédit Mutuel propose un contrat d’assurance-vie baptisé Plan Assurance Vie. Ce contrat est également distribué via le réseau CIC, filiale du Crédit Mutuel.
L’assureur du contrat est ACM Vie (Assurances du Crédit Mutuel Vie), qui fait partie du pôle assurantiel du groupe. Sur le plan de la solidité financière, il s’agit d’un acteur reconnu, ce qui constitue un point rassurant pour l’épargnant.
Une segmentation par niveau d’encours
Le Plan Assurance Vie est décliné en trois offres distinctes, appelées « formules ».
L’accès à chaque offre dépend du montant investi. Le passage d’une formule à l’autre est automatique dès lors que les seuils définis sont atteints.
Cette logique de segmentation en fonction du capital confié nous semble peu pertinente et difficilement justifiable. De nombreux contrats concurrents proposent aujourd’hui une offre unique, avec de meilleures conditions et plus de supports, quel que soit le montant investi.
Au-delà de la solidité de l’assureur
Si la robustesse du groupe Crédit Mutuel – CIC est un élément positif, elle ne suffit pas à juger de la qualité d’un contrat d’assurance-vie. Pour se faire un avis éclairé, il est indispensable d’analyser d’autres critères déterminants, notamment :
- le niveau de frais,
- la performance du fonds en euros,
- la diversité des unités de compte,
- le ticket d’entrée,
- et les options de gestion proposées.
C’est sur l’ensemble de ces points que nous allons désormais nous concentrer.
Supports d’investissement disponibles
| Critère | Plan Assurance Vie – Essentiel | Plan Assurance Vie – Avantage | Plan Assurance Vie – Privilège |
|---|---|---|---|
| Ticket d’entrée (versement initial) |
50 € |
15 000 € |
50 000 € |
| Nombre total d’unités de compte (UC) | 24 |
72 |
47 |
| Dont ETF | 0 |
0 |
5 |
| Dont SCPI | 0 |
0 |
0 |
💡Notre avis
Le Plan Assurance Vie du Crédit Mutuel CIC propose une montée en gamme progressive selon le montant investi, avec davantage d’unités de compte lorsque les seuils sont franchis. Toutefois, quelle que soit la formule, l’univers d’investissement reste trop limité pour permettre une diversification satisfaisante, surtout face aux meilleurs contrats du marché. Pour rappel, les unités de compte permettent notamment d’investir en bourse via votre contrat d’assurance-vie.
L’absence totale de SCPI constitue un frein important pour les épargnants souhaitant intégrer une exposition immobilière via l’assurance-vie, pourtant bien adaptée à ce type d’actifs.
Autre point pénalisant : l’accès aux ETF n’est possible qu’à partir de 50 000 € investis. C’est regrettable, car les ETF, peu chargés en frais, affichent de meilleures performances de long terme que la majorité des fonds gérés activement.
Enfin, la segmentation du contrat selon le montant investi nous semble peu pertinente. Les meilleures assurances-vie proposent aujourd’hui une offre unique indépendamment du montant investi.
Performance fonds euros du contrat Plan Assurance-vie
L’analyse d’un contrat d’assurance-vie passe aussi par l’examen de la performance du fonds en euros. Même lorsque l’épargne est majoritairement investie en unités de compte, ce support doit offrir une rémunération en ligne avec les standards du marché.
Le fonds en euros joue un rôle stabilisateur dans la stratégie d’investissement. Il permet de sécuriser une partie du capital et de rééquilibrer l’allocation après des phases de hausse des marchés, tout en bénéficiant pleinement de la fiscalité avantageuse de l’assurance-vie.
Taux de rendement net 2024 du fonds en euros (selon l’offre et bonus)
| Offre | Taux servi en 2024 (hors bonus) | Taux servi en 2024 (avec bonus) |
|---|---|---|
| Plan Assurance Vie – Offre Essentiel | 2,60 % |
jusqu’à 3,10 % |
| Plan Assurance Vie – Offre Avantage | 2,70 % |
jusqu’à 3,20 % |
| Plan Assurance Vie – Offre Privilège | 2,75 % |
jusqu’à 3,25 % |
💡Notre avis
La rémunération du fonds en euros reste conditionnée au montant investi, ce qui est regrettable, d’autant que de nombreux contrats concurrents ne pratiquent pas ce type de différenciation.
Les taux servis sont corrects, mais demeurent inférieurs à ceux des meilleurs contrats du marché, notamment en ligne.
Enfin, la lisibilité des conditions d’accès aux bonus manque de transparence avant la souscription, alors même que ces bonus déterminent une part importante de la performance réelle du fonds en euros.
Frais du contrat d’assurance-vie du Crédit Mutuel – CIC
L’analyse des frais est un passage obligé pour apprécier la rentabilité réelle d’une assurance-vie. Ce sont eux qui déterminent, année après année, la part de performance effectivement conservée par l’épargnant.
Un contrat peut cumuler plusieurs niveaux de coûts :
- Frais de gestion du contrat : prélevés chaque année sur les sommes investies, qu’elles soient placées sur le fonds en euros ou sur des unités de compte.
- Frais propres aux supports : intégrés directement dans les fonds (actions, obligations, immobilier, diversification). Ils sont souvent discrets, mais impactent fortement le rendement final.
- Frais liés à la gestion déléguée : ajoutés en cas de gestion sous mandat ou pilotée, ils viennent s’empiler aux autres frais existants.
- Frais sur les versements : appliqués à chaque apport, ils réduisent immédiatement le capital réellement investi.
- Frais d’arbitrage : facturés lors des changements de supports, pouvant limiter la liberté d’ajustement de l’allocation.
Pris isolément, chaque frais peut sembler modéré. Cumulés dans le temps, ils forment toutefois une charge significative qui pèse directement sur la performance nette et l’enrichissement à long terme.
Frais du contrat Plan Assurance Vie (Crédit Mutuel / CIC)
| Catégorie de frais | Gestion libre | Gestion pilotée | Packs UC |
|---|---|---|---|
| Frais sur versement |
Fonds en euros : 1 % (max 5 %) Unités de compte : 1 % (max 5 %) |
Fonds en euros : 1 % (max 5 %) Unités de compte : 1 % (max 5 %) |
Fonds en euros : 1 % (max 5 %) Unités de compte : 1 % (max 5 %) |
| Frais de gestion du contrat – Fonds euros |
Offre Essentiel : 0,75 % Offres Avantage & Privilège : 0,65 % |
Offre Essentiel : 0,75 % Offres Avantage & Privilège : 0,65 % |
Offre Essentiel : 0,75 % Offres Avantage & Privilège : 0,65 % |
| Frais de gestion du contrat – Unités de compte |
Offre Essentiel : 0,75 % Offres Avantage & Privilège : 0,65 % |
Offre Essentiel : 1,00 % (0,75 % + 0,25 %) Offres Avantage & Privilège : 0,90 % (0,65 % + 0,25 %) |
0,50 % (taux appliqué) Plafond contractuel : 0,65 % ou 0,75 % selon l’offre |
| Frais UC – Fonds actions (moyenne) | 1,66 % | Voir ci-dessous | Voir ci-dessous |
| Frais UC – Fonds obligations (moyenne) | 0,76 % | Voir ci-dessous | Voir ci-dessous |
| Frais UC – Fonds immobiliers (moyenne) | 1,86 % | Voir ci-dessous | Voir ci-dessous |
| Frais UC – Fonds diversifiés (moyenne) | 1,48 % | Voir ci-dessous | Voir ci-dessous |
| Frais UC en gestion pilotée / packs (moyenne) | — |
Pilote 25 / 50 / 75* : 1,64 % Pilote Durable 25* : 1,81 % Pilote Durable 50* : 1,83 % Pilote Durable 75* : 1,84 % |
Pack UC 25 / 50 / 75* : 1,50 % Pack UC Environnement 50* : 1,86 % |
| Frais d’arbitrage |
Arbitrage augmentant ou maintenant la part d’unités de compte : 0,25 % Arbitrage augmentant la part du fonds en euros : 0,50 % |
Arbitrage augmentant ou maintenant la part d’unités de compte : 0,25 % Arbitrage augmentant la part du fonds en euros : 0,50 % |
Arbitrage augmentant ou maintenant la part d’unités de compte : 0,25 % Arbitrage augmentant la part du fonds en euros : 0,50 % |
* Les mentions 25 / 50 / 75 correspondent à la part d’unités de compte (UC) dans l’allocation du contrat (ex. : 50 % d’UC et 50 % sur le fonds en euros).
Exemple : impact des frais sur un investissement de 20 000 € (Plan Assurance Vie – gestion libre)
Prenons le cas d’un épargnant qui investit 20 000 € sur le contrat Plan Assurance Vie, en gestion libre, avec une allocation simple et équilibrée :
• 50 % sur le fonds en euros
• 50 % en unités de compte, réparties à parts égales entre fonds actions et fonds obligataires
1) Frais sur versement
Le contrat applique 1 % de frais sur versement.
Frais prélevés à l’entrée : 200 € (20 000 € × 1 %)
Capital réellement investi : 19 800 €, réparti comme suit :
• 9 900 € sur le fonds en euros
• 9 900 € en unités de compte
2) Frais annuels sur le fonds en euros
En gestion libre, les frais de gestion du contrat sont de 0,75 % (offre Essentiel).
• Frais annuels : environ 74 €
(9 900 € × 0,75 %)
3) Frais annuels sur les unités de compte
Les unités de compte supportent deux niveaux de frais.
Frais de gestion du contrat :
• 0,75 %, soit environ 74 €
(9 900 € × 0,75 %)
Frais propres aux supports, avec une répartition équivalente :
• Fonds obligations : 0,76 % sur 4 950 €, soit environ 38 €
• Fonds actions : 1,66 % sur 4 950 €, soit environ 82 €
Total des frais annuels
• Fonds en euros : ~ 74 €
• Unités de compte : ~ 194 €
Total des frais annuels : environ 270 €, sans compter les frais d’entrée.
Ces frais sont prélevés chaque année sur l’encours réellement investi. Répétés dans le temps, ils pèsent durablement sur la performance nette du contrat.
Quel rendement minimum pour absorber les frais ?
Pour simplement compenser les frais annuels (hors frais d’entrée), le contrat doit générer un rendement d’au moins environ 1,4 % par an.
En dessous de ce seuil, l’épargne s’érode mécaniquement, avant même de tenir compte de l’inflation.
💡Notre avis
Les frais du contrat Plan Assurance Vie apparaissent sensiblement plus élevés que la moyenne du marché, quel que soit le mode de gestion retenu.
On observe une accumulation de coûts à chaque étage du contrat : frais sur versement, frais d’arbitrage, frais de gestion du contrat et frais propres aux unités de compte.
À l’inverse, de nombreux contrats d’assurance-vie en ligne de qualité permettent aujourd’hui d’éviter les frais d’entrée et les frais d’arbitrage, tout en proposant des frais de gestion annuels nettement plus faibles.
Sur la durée, cette structure de frais pénalise mécaniquement l’épargnant et réduit significativement la performance annuelle nette du contrat.
Les différents modes de gestion
Le contrat Plan Assurance Vie propose plusieurs modes de gestion, permettant à l’épargnant de déléguer la gestion de son contrat ou, au contraire, de conserver une maîtrise totale de son allocation.
Le choix du mode de gestion s’effectue après la définition d’un profil investisseur, établi avec un conseiller, en fonction de la situation financière, des objectifs et de la tolérance au risque.
La gestion libre
En gestion libre, l’épargnant décide seul de la répartition de son capital entre le fonds en euros et les unités de compte. Ce mode de gestion offre une liberté totale dans les choix d’investissement, mais suppose un minimum de connaissances financières et un suivi régulier du contrat.
Les Packs UC
Les Packs UC sont accessibles à partir de faibles montants. Ils combinent une part de fonds en euros et une part d’unités de compte, selon une allocation prédéfinie.
L’objectif est de simplifier l’investissement en proposant des allocations “clé en main”, avec un potentiel de performance plus élevé qu’un investissement 100 % sécurisé, en contrepartie d’un risque de perte en capital.
La gestion pilotée
La gestion pilotée est accessible dès 1 000 € d’encours. Elle consiste à confier les arbitrages à une équipe de gestion, qui adapte l’allocation en fonction du profil de risque et des conditions de marché.
Plusieurs profils existent, du plus prudent au plus dynamique. Le contrat propose également des profils dits « durables », intégrant des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans la sélection des supports.
Le mandat d’arbitrage
Le mandat d’arbitrage constitue le niveau de délégation le plus élevé. Il est réservé aux encours importants, à partir de 200 000 €. L’épargnant désigne alors un gérant dédié, chargé de piloter le contrat dans le cadre d’un mandat formalisé, selon des orientations d’investissement définies à l’avance.
💡Notre avis
Sur le papier, l’offre de gestion du Plan Assurance Vie est complète et couvre l’ensemble des profils d’investisseurs. En pratique, ces dispositifs s’accompagnent de frais supplémentaires significatifs, venant s’ajouter à des frais de contrat déjà élevés.
L’activation d’une gestion pilotée ou d’un mandat d’arbitrage réduit mécaniquement la performance nette, ce qui rend ces options peu attractives face à des contrats concurrents proposant une gestion déléguée plus transparente et nettement moins chargée en frais.
Notre avis : faut-il souscrire une assurance-vie au Crédit Mutuel – CIC ?
Au vu des frais élevés, de la faible diversité des unités de compte et d’un fonds en euros dont la rémunération dépend à la fois de la formule et de la part investie en unités de compte, le contrat Plan Assurance Vie du Crédit Mutuel / CIC ne nous semble pas être le choix le plus pertinent aujourd’hui.
En effet, ce contrat impose des contraintes d’allocation et réduit la liberté de l’épargnant, alors que de nombreuses assurances-vie concurrentes proposent des offres plus flexibles, plus transparentes et sensiblement moins coûteuses.
Que faire si vous détenez déjà un Plan Assurance Vie ?
La stratégie à adopter dépend principalement de l’ancienneté du contrat et des versements déjà réalisés. Dans certains cas, il peut être judicieux de conserver le contrat existant sans y verser de nouveaux capitaux, tout en ouvrant parallèlement une assurance-vie plus moderne pour vos futurs investissements.
En particulier, les contrats anciens ou les versements effectués avant certaines dates clés peuvent bénéficier d’avantages successoraux spécifiques, qu’il serait regrettable de perdre.
Pour approfondir ce point, nous vous invitons à consulter notre article dédié à la fiscalité et à la transmission en assurance-vie.
Ce qu’il faut retenir
- Contrat segmenté par encours : l’accès aux meilleures conditions dépend du montant investi, une approche aujourd’hui dépassée.
- Univers d’investissement limité : peu d’unités de compte, aucune SCPI et accès très restreint aux ETF.
- Fonds en euros correct mais conditionnel : la performance dépend de l’offre choisie et des bonus, peu lisibles avant souscription.
- Frais élevés et cumulatifs : frais sur versement, d’arbitrage et de gestion qui pèsent fortement sur la performance à long terme.
- Gestion pilotée coûteuse : les options déléguées alourdissent encore la facture.
- Des alternatives plus attractives existent : des contrats en ligne offrent plus de souplesse, moins de frais et une meilleure diversification.




