Assurance-vie Cachemire 2 et Cachemire Patrimoine : avis

Les contrats d’assurance-vie commercialisés par La Banque Postale figurent parmi les solutions d’épargne les plus fréquemment proposées en agence.

Au-delà du discours commercial, qu’en est-il réellement des frais, des performances et de la qualité des supports d’investissement ?

Nous avons analysé ces contrats de manière indépendante afin de déterminer s’ils constituent un choix pertinent pour votre stratégie patrimoniale.

Icône LoupeDans cet article, nous vous proposons un avis objectif et factuel sur les contrats Cachemire 2 Série 2 et Cachemire Patrimoine Série 2, afin de déterminer s’ils sont réellement adaptés à vos objectifs patrimoniaux.

Présentation générale des contrats et de l’assureur

La Banque Postale commercialise deux contrats d’assurance-vie répondant à des profils d’épargnants différents.

Cachemire 2 Série 2 vise un public large, avec un positionnement accessible. À l’inverse, Cachemire Patrimoine Série 2 s’adresse davantage à une clientèle patrimoniale, avec des conditions d’entrée plus sélectives et une offre plus haut de gamme. Ces deux contrats présentent des caractéristiques distinctes qu’il convient d’analyser séparément.

Sur le plan assurantiel, ils sont tous deux portés par CNP Assurances, filiale de La Banque Postale et acteur majeur de l’assurance en France, reconnu pour sa solidité financière, un élément rassurant pour les épargnants.

Pour autant, la réputation de l’assureur ne suffit pas à elle seule à juger de la pertinence d’un contrat. Pour évaluer objectivement leur intérêt, plusieurs critères doivent être examinés : les frais, la performance du fonds en euros, la richesse des supports d’investissement, le ticket d’entrée ainsi que les modes et options de gestion proposés.

C’est l’ensemble de ces éléments que nous passons en revue dans la suite de cet avis.

Supports d’investissement disponibles

Critère Cachemire 2 Série 2 Cachemire Patrimoine Série 2
Ticket d’entrée

5 000 € (gestion libre / mandat)

70 € + 50 €/mois (gestion intégrale)

100 000 € (gestion libre)

50 000 € (mandat d’arbitrage)

Nombre total d’unités de compte (UC)

67 supports

Environ 180 supports

Dont ETF

2 ETF

13 ETF

Dont SCPI

0

0

💡Notre avis

Les deux contrats souffrent d’un ticket d’entrée élevé, peu cohérent avec un positionnement grand public :5 000 € minimum pour Cachemire 2 et jusqu’à 100 000 € pour la version Patrimoine, là où de nombreux contrats en ligne sont accessibles avec des montants bien plus faibles.

L’absence de SCPI limite fortement la diversification vers l’immobilier, tandis que le nombre d’ETF reste insuffisant pour construire une allocation efficace en gestion passive.

Au final, l’univers d’investissement apparaît trop restreint pour diversifier correctement son épargne au-delà du fonds en euros. Des contrats plus complets et plus accessibles existent aujourd’hui sur le marché.

Performance fonds euros des contrats de la Banque Postale

Pour évaluer la pertinence d’un contrat d’assurance-vie, la rémunération du fonds en euros est un indicateur important. Même en présence d’unités de compte, ce support sécurisé doit délivrer un rendement en phase avec les conditions de marché.

Il constitue en effet une base défensive au sein du contrat : il sécurise une partie de l’épargne et limite les fluctuations liées aux marchés financiers.

Rendement net du fonds en euros – La Banque Postale

Année Cachemire 2 Série 2 Cachemire Patrimoine Série 2
2024

2,30 %

2,40 %

💡Notre avis

Les rendements servis sur les fonds en euros apparaissent inférieurs à ceux des contrats les plus compétitifs du marché. Des bonus peuvent ponctuellement s’appliquer selon la part d’unités de compte détenue, mais ces mécanismes restent variables d’une année sur l’autre et conditionnés à des critères spécifiques.

Au final, ces contrats ne se distinguent pas par un taux de fonds en euros particulièrement attractif, ce qui limite leur compétitivité sur ce point.

Frais des contrats d’assurances-vie de la Banque Postale

Pour juger l’intérêt réel d’une assurance-vie, l’étude des frais est un passage obligé. Trop souvent relégués au second plan lors de la souscription, ils ont pourtant un impact direct sur la rentabilité finale du placement. Sur la durée, leur accumulation grignote progressivement la performance et réduit le capital réellement constitué.

Plusieurs types de coûts entrent en ligne de compte :

  • Frais de gestion du contrat : prélevés chaque année sur l’encours, aussi bien sur le fonds en euros que sur les unités de compte. Ils représentent un coût permanent, indépendant de l’évolution des marchés.
  • Frais des supports d’investissement : inclus dans les unités de compte (actions, obligations, immobilier, fonds diversifiés), ils viennent diminuer la performance brute des fonds sélectionnés.
  • Frais liés à la gestion déléguée ou sous mandat : appliqués en cas de délégation, ils permettent un accompagnement mais augmentent mécaniquement le coût global du contrat.
  • Frais sur versement : retenus dès l’investissement, ils réduisent immédiatement le montant réellement placé, ce qui peut peser sur la rentabilité, notamment en cas de versements réguliers.
  • Frais d’arbitrage : facturés lors des changements de supports, ils peuvent s’accumuler pour les épargnants qui ajustent fréquemment leur allocation.

Pris séparément, ces frais peuvent sembler modérés. Mais sur plusieurs années, leur addition peut entamer significativement la performance et freiner la création de patrimoine.

Frais des contrats Cachemire – La Banque Postale

Catégorie de frais Cachemire 2 Série 2 Cachemire Patrimoine Série 2
Frais sur versement

3,00 % maximum

3,00 % maximum

Frais de gestion du contrat – Fonds en euros

0,85 % maximum

0,75 % maximum

Frais de gestion du contrat – Unités de compte

0,85 % maximum

0,85 % maximum

Frais des unités de compte – Fonds actions (moyenne)

1,67 %

1,71 %

Frais des unités de compte – Fonds obligations (moyenne)

0,80 %

0,93 %

Frais des unités de compte – Fonds immobiliers (moyenne)

1,15 %

1,34 %

Frais des unités de compte – Fonds diversifiés (moyenne)

1,51 %

1,51 %

Frais des unités de compte – Fonds monétaires (moyenne)

0,29 %

Frais d’arbitrage

0,50 % à 5,00 %

Nombre d’arbitrages gratuits : 0

0,50 % à 5,00 %

Nombre d’arbitrages gratuits : 0

Frais de rachat

2,50 % maximum

2,50 % maximum

Icône Exemple Exemple : impact des frais sur l’assurance-vie Cachemire 2 Série 2

Un épargnant investit 20 000 € sur le contrat Cachemire 2 Série 2, avec une allocation équilibrée :

• 50 % sur le fonds en euros
• 50 % en unités de compte, réparties comme suit : 25 % en fonds obligataires et 25 % en fonds actions

1) Frais sur versement

Les frais sur versement s’élèvent à 3 %, soit :

20 000 € × 3 % = 600 €

Capital réellement investi : 19 400 €, réparti ainsi :
• 9 700 € sur le fonds en euros
• 9 700 € en unités de compte

2) Frais annuels sur le fonds en euros

Les frais de gestion du contrat sur le fonds en euros sont de 0,85 % : 9 700 € × 0,85 % ≈ 82 € par an

3) Frais annuels sur les unités de compte

Les unités de compte cumulent deux niveaux de frais.

Frais de gestion du contrat
0,85 % sur 9 700 € ≈ 82 €

Frais propres aux supports d’investissement

• Fonds actions :
1,67 % sur 4 850 € ≈ 81 €

• Fonds obligataires :
0,80 % sur 4 850 € ≈ 39 €

Total des frais annuels sur les unités de compte : environ 202 €

4) Récapitulatif des frais annuels

• Fonds en euros : ~ 82 €
• Unités de compte : ~ 202 €

Total des frais annuels : environ 284 €, hors frais sur versement.

5) Quel rendement minimum pour absorber les frais ?

Le contrat doit générer au moins 1,5 % par an simplement pour compenser les frais.
En dessous de ce seuil, l’épargne diminue mécaniquement, avant même de tenir compte de l’inflation.

💡Notre avis

CNP Assurances présente les frais de manière claire et accessible sur son site internet : la grille tarifaire est lisible et ne repose pas sur des mécanismes complexes ou des conditions multiples selon le profil de l’épargnant, ce qui facilite la comparaison.

En revanche, la structure de coûts reste peu compétitive. Les frais sur versement peuvent atteindre 3 %, ce qui pénalise immédiatement le capital investi. Ils sont parfois négociables en agence, mais les contrats les plus performants du marché appliquent 0 % sur les versements dès le départ.

Même constat pour les frais d’arbitrage : lorsqu’ils s’appliquent à chaque mouvement, ils découragent les ajustements d’allocation et alourdissent le coût global, alors que de nombreuses offres concurrentes n’en facturent pas.

Enfin, les frais de gestion annuels apparaissent élevés : prélevés chaque année, ils pèsent durablement sur le rendement net et viennent réduire sensiblement la performance à long terme.

Gestion sous mandat / pilotée

Les contrats Cachemire proposent plusieurs modes de gestion afin d’adapter le niveau d’autonomie et d’accompagnement au profil de l’épargnant.

Cachemire 2 Série 2

Trois formules sont disponibles :

  • Gestion libre : vous sélectionnez vous-même vos supports (fonds en euros et unités de compte) et pilotez directement votre allocation. Ce mode convient aux investisseurs souhaitant garder le contrôle de leurs arbitrages.
  • Mandat d’arbitrage (gestion sous mandat) : la gestion des unités de compte est confiée à des professionnels. Les décisions d’investissement sont déléguées, avec des reportings réguliers pour suivre la stratégie mise en œuvre.
  • Gestion intégrale : incluant la répartition entre fonds en euros et unités de compte ainsi que le choix des UC.

Cachemire Patrimoine Série 2

L’offre est plus restreinte et s’adresse à une clientèle patrimoniale :

  • Gestion libre : accès direct à l’ensemble des supports du contrat pour construire soi-même son allocation.
  • Mandat d’arbitrage (gestion sous mandat) : délégation de la gestion à des experts, avec un suivi régulier de la stratégie. Accessible à partir de 50 000 € investis.

💡Notre avis

À la différence des autres postes tarifaires, les frais liés à ces solutions restent insuffisamment explicités et peu lisibles pour l’épargnant. Ce manque de transparence complique l’évaluation précise du coût total réel d’une gestion déléguée.

Dans ce contexte, et compte tenu du niveau déjà élevé des frais en gestion libre, la délégation nous paraît peu pertinente sur le plan financier. Les coûts supplémentaires peuvent en effet rogner sensiblement la performance à long terme, sans garantie que la valeur ajoutée des professionnels compense réellement ce surcoût.

Options de gestion financière

Les contrats Cachemire intègrent plusieurs mécanismes d’arbitrages automatiques destinés à faciliter le pilotage du contrat, sans intervention régulière de l’investisseur :

  • Investissement progressif : permet d’entrer sur les marchés de façon étalée dans le temps afin de lisser le point d’entrée et réduire le risque d’investir en une seule fois.
  • Arbitrage de la revalorisation annuelle : transfère automatiquement les gains générés par le fonds en euros vers des unités de compte pour dynamiser le potentiel de performance.
  • Arbitrage des plus-values (gestion libre) : sécurise les gains réalisés sur certains supports en les redirigeant vers un support plus prudent.
  • Arbitrage de la plus-value globale (mandat d’arbitrage) : déclenche une sécurisation automatique lorsque le contrat atteint un niveau de performance prédéfini.

💡Notre avis

Ces options constituent un atout en automatisant certains arbitrages et en facilitant la gestion du contrat. Toutefois, l’offre reste moins complète que celle des meilleurs contrats du marché, qui proposent davantage d’outils de pilotage.

Faut-il souscrire aux assurances-vie de la Banque Postale ? Notre avis

Les contrats Cachemire offrent une structure classique de banque de réseau, avec un accès au fonds en euros et à des unités de compte permettant une certaine diversification. Toutefois, l’univers d’investissement reste relativement restreint, notamment en matière d’ETF et d’immobilier, ce qui limite les possibilités de construire une allocation réellement diversifiée et optimisée à long terme.

Surtout, leur principal point faible concerne les frais, globalement élevés : frais sur versement, frais d’arbitrage et frais de gestion annuels supérieurs aux standards des contrats en ligne. Or, sur la durée, ces coûts pèsent directement sur la performance nette et réduisent mécaniquement le rendement pour l’épargnant.

Dans ces conditions, malgré la solidité de l’assureur, ces contrats ne nous semblent pas les plus compétitifs. Il existe aujourd’hui des alternatives plus accessibles, moins chargées en frais et offrant un univers d’investissement plus large, avec un meilleur potentiel de performance à long terme.

Ce qu’il faut retenir

  • Deux contrats aux positionnements différents : Cachemire 2 vise le grand public, tandis que Cachemire Patrimoine cible une clientèle plus aisée avec des tickets d’entrée élevés.
  • Univers d’investissement limité : peu d’unités de compte, très peu d’ETF et aucune SCPI, ce qui restreint la diversification, notamment vers la gestion passive et l’immobilier.
  • Fonds en euros peu compétitifs : rendements inférieurs aux meilleurs contrats du marché.
  • Frais élevés : jusqu’à 3 % sur versement, frais d’arbitrage et frais de gestion annuels supérieurs aux standards des contrats en ligne.
  • Gestion pilotée peu attractive : manque de transparence sur les coûts susceptibles de peser sur la performance.
  • Des alternatives plus intéressantes existent : des contrats en ligne proposent aujourd’hui moins de frais, plus de supports et un meilleur potentiel de rendement net.

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À propos de l’auteur
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Karim IDIR – Fondateur de Gère ton patrimoine

Expert en gestion et ingénierie du patrimoine

Avec plus de dix ans d’expérience en gestion de patrimoine, je partage mes connaissances pour aider les Français à faire les meilleurs choix patrimoniaux.
Diplômé des universités Paris-Dauphine, Paris I-Sorbonne et Clermont-Ferrand, j’allie expertise académique et expérience de terrain pour proposer des articles accessibles à tous.

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