SCPI en assurance-vie ou SCPI à crédit : quoi choisir ?

Les SCPI, ou sociétés civiles de placement immobilier permettent de diversifier votre capital et d’accéder à l’immobilier sans les contraintes de gestion liées à un investissement en direct locatif.
Mais quelle solution devez-vous choisir : acquérir des parts de SCPI à crédit en direct ou passer par un contrat d’assurance-vie ?

Ces options présentent des différences notables, tant sur le plan fiscal que financier.

Icône LoupeDans cet article, nous analyserons les avantages et les inconvénients des SCPI à crédit en direct et des SCPI détenues via assurance-vie, pour vous aider à faire un choix éclairé.

Définition : qu’est-ce qu’une SCPI ?

Une SCPI, ou société civile de placement immobilier, est un placement dans l’immobilier locatif, que ce soit des bureaux, commerces, entrepôts ou logements. Aussi appelée pierre papier, elle permet à l’investisseur d’acheter des parts et de percevoir, en retour, une quote-part des loyers collectés par la société.

Les avantages d’investir en SCPI

Les atouts des SCPI sont multiples et expliquent leur succès auprès des particuliers.

  • Accessibilité : le ticket d’entrée est faible (souvent quelques centaines d’euros) car les SCPI sont divisées en parts.
  • Mutualisation des risques : le risque lié à un immeuble est réparti sur l’ensemble du patrimoine de la SCPI.
  • Diversification : géographique (régions, pays) et sectorielle (bureaux, commerces, logistique, habitation).
  • Revenus réguliers : perception trimestrielle ou mensuelle des loyers nets de charges.
  • Gestion déléguée : la société de gestion s’occupe de l’acquisition, de la location, de l’entretien, de l’administratif et de la revente des biens.

Les types de SCPI

Il existe 3 grands types de SCPI pouvant répondre à des objectifs distincts :

  1. SCPI de rendement : ciblent des immeubles générant des loyers stables. L’objectif est de percevoir des revenus réguliers.
  2. SCPI de plus-value (ou de capitalisation) : investissent sur des biens à fort potentiel d’appréciation. Les revenus sont faibles, mais la valorisation des parts est l’objectif principal.
  3. SCPI fiscales : concentrent leurs acquisitions sur des biens éligibles à des dispositifs fiscaux (Pinel, Malraux, Denormandie), permettant à l’investisseur de réduire ses impôts tout en percevant éventuellement des revenus.

💡 Conseil d’expert

Il est généralement plus intéressant de privilégier les SCPI de rendement, qui offrent des revenus réguliers et supérieurs aux SCPI fiscales, souvent moins rentables malgré la réduction fiscale.
Les SCPI de capitalisation peuvent en revanche convenir aux contribuables à forte TMI (taux marginal d’imposition): elles privilégient la plus-value à terme plutôt que les loyers, ce qui permet d’éviter la fiscalité des revenus fonciers et d’être imposé uniquement au régime des plus-values immobilières (19 % + 17,2 %), avec abattements selon la durée de détention.

Le capital des SCPI

Les SCPI peuvent être à capital fixe ou à capital variable :

  • Capital fixe : nombre limité de parts. Les souscriptions sont possibles uniquement lors d’une augmentation de capital ou de la revente de parts existantes.
  • Capital variable : souscriptions et retraits possibles en continu, permettant plus de liquidité et donc de flexibilité pour l’investisseur.

Pourquoi choisir une SCPI ?

Investir en SCPI offre plusieurs opportunités pour l’investisseur :

  1. Accéder à un patrimoine immobilier diversifié (sectoriellement et géographiquement) sans disposer de capitaux importants.
  2. Déléguer entièrement la gestion locative et administrative.
  3. Bénéficier d’un revenu complémentaire, idéal notamment pour préparer sa retraite.
  4. Mutualiser les risques tout en diversifiant le type de biens et les zones géographiques.

Investir en SCPI s’envisage sur le long terme : la valeur des parts et la rentabilité dépendent de la gestion de la société et des conditions du marché immobilier. Plus le rendement attendu est élevé, plus le risque associé l’est également. Vous devez choisir des SCPI adaptées à votre profil de risque et à vos objectifs financiers.

Qu’est-ce qu’une SCPI investie en assurance-vie ?

Investir dans une SCPI via un contrat d’assurance-vie combine les avantages de l’immobilier avec ceux de l’assurance-vie. L’assuré place son capital dans des unités de compte, parmi lesquelles figurent des SCPI, et perçoit des revenus locatifs tout en bénéficiant d’une gestion entièrement déléguée.

Pour rappel, un contrat d’assurance-vie propose généralement deux types de supports :

  • Fonds en euros : sécurisés mais peu performants (entre 2 à 3% de rendement ces dernières années).
  • Unités de compte : supports non garantis, incluant des SCPI, OPCI, SCI ou fonds investis sur les marchés financiers tels que des ETF.

Pourquoi passer par l’assurance-vie pour investir en SCPI ?

L’un des principaux atouts des SCPI dans l’assurance-vie est la fiscalité.

En direct, les revenus locatifs des SCPI sont soumis :

  • À l’impôt sur le revenu selon votre tranche marginale (allant de 0% à 45%).
  • Aux prélèvements sociaux (17,2 %).

Exemple : un épargnant à la tranche de 30 % est taxé à 47,2 % sur ses revenus fonciers.

Dans un contrat d’assurance-vie, les revenus des SCPI :

  • Restent non imposés tant qu’aucun rachat n’est réalisé.
  • Les retraits sont fiscalisés selon les règles avantageuses applicables à l’assurance-vie.
  • Après 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement annuel sur les gains : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple.

De plus, l’investissement en SCPI via une assurance-vie offre une :

  1. Diversification de l’allocation d’actifs de l’assurance-vie
    Les SCPI complètent le fonds en euros et permettent de s’exposer indirectement au marché de l’immobilier locatif, tout en bénéficiant de la sécurité d’un contrat d’assurance-vie diversifié.
  2. Transmission optimisée
    Grâce à la clause bénéficiaire, vous pouvez désigner librement les bénéficiaires de votre contrat. Les abattements fiscaux sur les sommes transmises peuvent aller jusqu’à 152 500 € pour les versements réalisés avant 70 ans et 30 500 € après 70 ans.
  3. Gestion déléguée et simplifiée
    L’épargnant n’a pas à gérer lui-même les biens : la société de gestion sélectionne les immeubles, les locataires, assure l’entretien, et distribue les revenus locatifs proportionnellement aux parts détenues.

Comment choisir un contrat d’assurance-vie pour investir en SCPI ?

Pour profiter pleinement des SCPI dans une assurance-vie, il est essentiel de comparer les contrats selon plusieurs critères :

Caractéristiques générales du contrat à prendre en compte:

  • Accessibilité (quel est le versement minimum exigé ?).
  • Frais d’entrée et de gestion sur le fonds en euros et les unités de compte (privilégiez les contrats en ligne, plus compétitifs).
  • Solidité, réputation de l’assureur.
  • Nombre et qualité des supports disponibles, incluant les unités de compte immobilières pour diversifier et avoir du choix.

Critères spécifiques pour les SCPI à retenir :

  • Nombre, diversité et performance historique des SCPI proposées par l’assureur.
  • Frais prélevés sur les SCPI proposées.
  • Stratégie de gestion des SCPI sélectionnées (type de biens immobiliers, lieu géographique, vacance locative)
  • Niveau de reversement des loyers (se rapprocher de 100 %). En effet, certains assureurs prélèvent jusqu’à 15 % sur les loyers, d’autres reversent 100 %.
  • Délai de jouissance des parts (le délai avant de percevoir des revenus).

Après avoir défini les SCPI via un contrat d’assurance-vie, examinons à présent les SCPI à crédit, afin de pouvoir comparer les deux approches et identifier celle qui s’adapte le mieux à votre situation et à vos objectifs patrimoniaux.

Qu’est-ce qu’une SCPI souscrite à crédit ?

Investir dans une SCPI à crédit consiste à acquérir des parts de SCPI en utilisant un emprunt bancaire plutôt que ses propres fonds.

Cette approche vous permet de bénéficier de l’effet de levier, c’est-à-dire la capacité à accroître votre exposition au marché immobilier avec un capital initial réduit.

Les revenus générés par la SCPI contribuent au remboursement du prêt, ce qui réduit l’effort financier et accélère la constitution de votre patrimoine immobilier.

Les types de crédit pour investir en SCPI

Plusieurs solutions existent pour financer vos parts de SCPI :

  • Le crédit amortissable : c’est la formule classique, similaire à un prêt immobilier traditionnel. Chaque mensualité rembourse à la fois le capital emprunté et les intérêts. Cette méthode de crédit permet d’étaler l’effort financier sur la durée du prêt, ce qui est particulièrement adapté aux projets patrimoniaux à long terme. Selon la durée choisie, les mensualités peuvent être ajustées pour correspondre aux revenus attendus de la SCPI.
  • Le crédit in fine : vous ne remboursez que les intérêts pendant toute la durée du prêt, le capital est remboursé en une seule fois à l’échéance. Cette formule maximise l’effet de levier et permet de conserver une capacité d’emprunt élevée, tout en réduisant les mensualités. Elle nécessite cependant des garanties, souvent sous forme de nantissement ou de contrat d’assurance-vie, et s’avère particulièrement intéressante pour les investisseurs fortement fiscalisés.
  • Le prêt personnel (ou prêt à la consommation) : plus flexible et rapide à obtenir, il est adapté aux montants inférieurs à 75 000 € et propose des durées de remboursement plus courtes. Les taux sont généralement plus élevés que ceux des prêts immobiliers, mais aucune garantie n’est exigée, ce qui peut simplifier l’accès à ce type d’investissement.

Fiscalité des SCPI à crédit

Les revenus perçus sont soumis au régime des revenus fonciers, avec imposition selon le barème progressif de l’impôt sur le revenu, et s’ajoutent aux prélèvements sociaux de 17,2 %. Les intérêts d’emprunt sont déductibles de ces revenus, ce qui diminue la base imposable au régime réel (et non au micro-foncier).

Quant aux plus-values réalisées lors de la cession des parts, elles relèvent du régime des plus-values immobilières (taux fixe de 19% + 17,2% de prélèvements sociaux, abattement pour durée de détention éventuel possible).

Au bout de 30 ans de détention des parts de SCPI en direct, vous êtes totalement exonéré d’impôt sur le revenu (IR) et de prélèvements sociaux (PS) comme l’indique le tableau ci-dessous.

Abattements sur les plus-values immobilières selon la durée de détention
Durée de détention Abattement IR Abattement PS
0-5 ans0%0%
6 ans6%1,65%
7 ans12%3,30%
8 ans18%4,95%
9 ans24%6,60%
10 ans30%8,25%
11 ans36%9,90%
12 ans42%11,55%
13 ans48%13,20%
14 ans54%14,85%
15 ans60%16,50%
16 ans66%18,15%
17 ans72%19,80%
18 ans78%21,45%
19 ans84%23,10%
20 ans90%24,75%
21 ans96%26,40%
22 ans100%28,00%
30 ans et +100%100%

⚠️Attention à ces deux points s’agissant de la fiscalité des SCPI détenues en direct :

1) Les contribuables soumis à un taux marginal d’imposition important, jusqu’à 45%, pourraient ne pas avoir intérêt à souscrire des parts de SCPI via crédit. Le taux global d’imposition pourrait s’élever jusqu’à 62,2% (45% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux).

2) Les intérêts d’un prêt à la consommation (prêt personnel) ne sont en principe pas déductibles, puisque les fonds empruntés ne sont pas exclusivement affectés à un investissement immobilier.

Comment acheter des parts de SCPI à crédit : les étapes

  1. Choix des SCPI : toutes les SCPI ne sont pas finançables à crédit. Les banques privilégient généralement les SCPI de grande capitalisation et aux revenus réguliers. Les SCPI à revenus mensuels sont souvent préférées pour éviter les décalages de trésorerie.
  2. Sélection du type de prêt : selon votre situation financière, vos objectifs et votre capacité d’emprunt, vous choisirez entre crédit amortissable, in fine ou prêt personnel.
  3. Bulletin de souscription à remplir : ce document précise le montant investi, le nombre de parts, le prix unitaire et les modalités de paiement. Il faut inclure une clause suspensive de prêt, qui garantit que l’achat ne sera réalisé que si le financement est accordé
  4. Étude et accord de la banque : la banque analyse votre dossier et signe le prêt, en incluant les garanties nécessaires et le délai légal de réflexion (10 jours minimum pour un prêt immobilier).
  5. Déblocage des fonds : les fonds sont versés à la société de gestion et vous devenez propriétaire des parts. Les premiers revenus locatifs sont perçus après le délai de jouissance de la SCPI (généralement entre 1 et 6 mois). Certaines banques permettent un différé de remboursement pour décaler le paiement des premières mensualités, avec paiement des intérêts intercalaires.

Il n’est pas très difficile d’acquérir des parts de SCPI. L’étape la plus difficile sera de réussir à convaincre votre banquier !

💡 Bon à savoir

Les banques restent prudentes face au financement de SCPI, qui sont perçues comme moins liquides et plus risquées qu’un bien immobilier classique. Elles privilégient donc les SCPI établies et de grande capitalisation. Quant au taux d’intérêt, un taux fixe est conseillé pour limiter le risque et assurer la stabilité des mensualités sur la durée du prêt, tandis qu’un taux variable expose à des hausses potentielles des coûts de financement.

Les avantages des SCPI en assurance-vie et SCPI à crédit

Passons en revue les avantages des SCPI en assurance-vie et des SCPI à crédit pour vous aider à faire le meilleur choix.

SCPI à crédit
  • Réduction fiscale : possibilité de déduire les intérêts d’emprunt et certains frais (assurance, frais de dossier) de vos revenus fonciers, sauf en cas de crédit à la consommation.
  • Préservation de l’épargne : vous permet de conserver vos fonds pour d’autres projets et de profiter de l’effet de levier.
  • Investissement progressif : étale l’investissement dans le temps et permet d’acquérir un nombre de parts plus élevé qu’un investissement comptant.
  • Protection des héritiers : l’assurance emprunteur rembourse le capital restant dû en cas de décès.
  • Accès à un patrimoine diversifié : permet d’investir dans plusieurs SCPI avec peu ou pas d’apport personnel.
  • Liberté de choix : pas limité aux SCPI d’un contrat d’assurance-vie, possibilité de choisir librement.
  • Démembrement possible : vous pouvez détenir la nue-propriété ou l’usufruit des parts de SCPI.
vs
SCPI assurance-vie
  • Fiscalité avantageuse : sur les retraits et en cas de décès, transmission hors succession possible via bénéficiaire désigné.
  • Arbitrages flexibles : possibilité de changer de SCPI sans fiscalité tant qu’aucun retrait n’est effectué.
  • Ticket d’entrée faible : pas besoin d’accord bancaire pour investir.
  • Liquidité améliorée : plus facile à revendre qu’une SCPI en direct.
  • Décote sur le prix de souscription : généralement environ 2 % inférieur à l’investissement direct.
  • Délai de jouissance court : perception des loyers plus rapide que dans le cas d’une souscription directe.
  • Frais d’entrée réduits : compris entre 2 % et 8 %, moins élevés qu’un investissement direct.

Les inconvénients des SCPI en assurance-vie et SCPI à crédit

Examinons ensemble les inconvénients des SCPI en assurance-vie et des SCPI à crédit afin de mieux orienter votre choix.

SCPI à crédit
  • Frais additionnels liés au crédit : intérêts d’emprunt, frais de dossier, assurance emprunteur augmentent le coût global de l’investissement.
  • Frais d’entrée élevés : les parts de SCPI à crédit présentent souvent plus de 10 % de frais d’entrée.
  • Soumis à l’accord bancaire : la souscription nécessite l’acceptation d’un prêt et parfois un apport minimum de 10 %.
  • Réduction de la capacité d’endettement : un crédit en cours peut limiter d’autres projets financiers.
  • Exposition au risque de crédit : obligation de rembourser le prêt quelles que soient les performances de la SCPI.
  • Fiscalité des revenus fonciers : les loyers perçus sont soumis à l’impôt sur le revenu (jusqu’à 45 %) et aux prélèvements sociaux (17,2 %).
  • Liquidité limitée : les parts de SCPI souscrites à crédit sont moins facilement revendables.
  • Plus-value immobilière en cas de revente : soumise à l’impôt (19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux) après abattement pour durée de détention éventuel.
  • Remboursement anticipé contraignant : céder les parts avant la fin du crédit nécessite souvent le remboursement du prêt et peut entraîner des indemnités de remboursement anticipé (IRA).
vs
SCPI assurance-vie
  • Choix limité de SCPI : dépend du contrat d’assurance-vie souscrit, moins de liberté de sélection.
  • Pas d’effet de levier : l’investissement se fait comptant après versement des fonds.
  • Acquisition en pleine propriété uniquement : pas de possibilité de démembrer les parts.
  • Rendement légèrement réduit avant impôts : les frais de gestion de l’assurance-vie sont prélevés sur les loyers.
  • Loyers et revalorisation non garantis : les revenus et l’augmentation du prix de la part peuvent ne pas être reversés à 100 % par l’assureur.

Faut-il acheter des parts de SCPI à crédit ou des parts de SCPI via assurance-vie ?

Le choix entre SCPI à crédit et SCPI en assurance-vie dépend principalement de votre situation familiale, de vos objectifs patrimoniaux, de votre patrimoine existant et de vos dettes actuelles. Il n’existe pas de solution universelle : chaque profil d’investisseur doit adapter sa stratégie en fonction de ses contraintes et de ses objectifs.

Quand acheter les parts de SCPI à crédit ?

Les SCPI à crédit sont particulièrement adaptées si vous souhaitez tirer parti de l’effet de levier du crédit et développer votre patrimoine. Elles sont recommandées dans les situations suivantes :

  • Taux marginal d’imposition raisonnable : si votre TMI n’est pas trop élevé, vous pouvez profiter pleinement de la déductibilité des intérêts d’emprunt sans subir une fiscalité excessive sur les revenus fonciers.
  • Capacité d’emprunt suffisante : vous devez disposer de revenus stables et solides pour contracter un prêt tout en conservant une marge de sécurité en cas de baisse de revenus de vos SCPI.
  • Possibilité de fournir des garanties : les banques peuvent demander un nantissement de capital ou une hypothèque sur un bien immobilier, un contrat d’assurance-vie ou tout autre bien.
  • Épargne de précaution déjà constituée : si vous avez déjà investi dans vos contrats d’épargne (assurance-vie, PEA…), le crédit permet de diversifier votre patrimoine grâce à l’effet de levier.
  • Volonté de ne pas être dépendant de la gestion locative : investir via SCPI à crédit vous permet de bénéficier des revenus locatifs et de l’exposition au marché immobilier sans les contraintes de gestion directe d’un bien immobilier.

Icône Exemple Exemple d’investissement en SCPI à crédit amortissable :

Monsieur Dupont, marié avec 3 enfants, dispose de 3 500 € de revenus nets mensuels et possède déjà un contrat d’assurance-vie supérieur à 150 000 €. Il souhaite diversifier son patrimoine en investissant dans des parts de SCPI à crédit, tout en préservant ses liquidités.

• Il choisit des SCPI offrant un rendement moyen de 5 % brut.

• Il souscrit un crédit amortissable classique à taux fixe de 3,5 % sur 20 ans, avec assurance emprunteur incluse (0,34 %) et garanties apportées à la banque.

• Montant emprunté : 100 000 € pour acquérir 100 parts de SCPI à 1 000 € l’unité.

• Mensualité totale du crédit (capital + intérêts + assurance) : 608 € par mois.

• Pour financer le projet, il doit verser chaque mois 333 € de son épargne.

• Au moment de la souscription, il dispose de 50 000 € d’épargne, qu’il conserve pour d’autres projets.

Revenus générés par les SCPI :

• Revenu brut : 5 000 € par an (417 €/mois).

• Fiscalité : TMI de 30 % + prélèvements sociaux 17,2 %.

• Revenu net d’impôt et charges sociales : 220 € par mois, soit 2 640 € par an.

Bilan après 20 ans :

• Grâce aux loyers générés et à la plus-value espérée, Monsieur Dupont aura remboursé le crédit et constitué un patrimoine immobilier diversifié.

• Total investi de sa poche : 388 € (608 € – 220 €) × 240 mois = 93 120 €.

• Valeur des parts de SCPI estimée au bout de 20 ans : 160 000 €.

En cas de revente des parts de SCPI une fois le crédit remboursé, Monsieur pourra bénéficier d’un abattement progressif selon la durée de détention. Après 30 ans, il sera totalement exonéré de toute imposition sur la plus-value des parts, aussi bien au titre de l’impôt sur le revenu que des prélèvements sociaux.

Le résultat financier pourrait être plus favorable pour Monsieur Dupont :

•Pour simplifier l’exemple, la déductibilité des intérêts d’emprunt n’a pas été prise en compte, car leur montant varie à chaque échéance de crédit.

•Avec un TMI de 30 %, le gain net de Monsieur est réduit : plus le taux marginal d’imposition est faible, plus la stratégie d’acquisition via emprunt devient intéressante, puisque les revenus de SCPI perçus nets d’impôts sont plus élevés.

Quand acquérir les parts de SCPI en assurance-vie ?

Les SCPI intégrées à un contrat d’assurance-vie sont adaptées à un profil plus prudent, ne pouvant pas emprunter ou à ceux qui souhaitent transmettre leur patrimoine. Quelques raisons justifiant l’achat de parts de SCPI via assurance-vie :

  • Incapacité ou refus de recourir au crédit : si votre situation financière, vos projets futurs ou vos principes vous empêchent de vous endetter.
  • Profil prudent ou débutant : idéal pour un investisseur qui souhaite constituer progressivement un portefeuille d’unités de compte via un contrat d’assurance-vie, en combinant fonds euros et parts de SCPI.
  • Volonté de transmission patrimoniale : l’assurance-vie permet de transmettre un capital hors succession et de désigner des bénéficiaires, ce qui rend cette enveloppe particulièrement attractive pour la planification successorale.
  • Horizon d’investissement plus court : si vous ne souhaitez pas vous engager sur la durée d’un crédit immobilier, la SCPI via assurance-vie offre plus de flexibilité en termes de liquidité et de gestion.

Icône Exemple Exemple d’acquisition de parts de SCPI en assurance-vie :

Monsieur Alberto, âgé de 62 ans, dispose de 75 000 € à placer à la suite d’un héritage.

Ses revenus mensuels sont relativement modestes, 2 000 € nets par mois, et ses livrets d’épargne sont déjà au plafond. N’ayant pas encore ouvert de contrat d’assurance-vie, il souhaite constituer un capital sécurisé tout en préparant sa retraite et en prévoyant une transmission au profit de ses deux enfants.

Il ouvre une assurance-vie et nomme ses enfants bénéficiaires de premier rang dans la clause bénéficiaire du contrat, afin qu’ils profitent de la fiscalité favorable en cas de décès de leur père.

Pour limiter les risques et générer des revenus complémentaires, Monsieur Alberto choisit une stratégie équilibrée d’allocation d’actifs :

50 % en fonds en euros : soit 37 500 €, capital garanti et rendement stable, idéal pour sécuriser son capital.

50 % en parts de SCPI via le contrat d’assurance-vie : soit 37 500 €, pour bénéficier de revenus complémentaires réguliers et d’une diversification immobilière.

Grâce à cette allocation, Monsieur Alberto pourra :

Percevoir des revenus réguliers provenant des loyers des SCPI et du fonds en euros, redistribués par l’assureur après frais et impôt avantageux, contribuant à compléter sa retraite.

Profiter de l’effet fiscal de l’assurance-vie : les plus-values et revenus générés par le contrat ne seront pas imposés tant qu’il n’effectue pas de retrait, et les sommes transmises à ses enfants bénéficieront d’une fiscalité avantageuse.

Préserver son capital en cas de baisse du marché immobilier, grâce à la moitié investie en fonds en euros, sécurisée et garantie.

Cette approche permet à Monsieur Alberto de préparer sa retraite, générer des revenus complémentaires et anticiper la transmission de son patrimoine sereinement.

Combiner les deux stratégies de placement

Il est tout à fait possible d’associer SCPI à crédit et SCPI en assurance-vie : vous pouvez bénéficier de l’effet de levier en finançant une partie de vos parts via crédit tout en détenant d’autres parts dans vos contrats d’assurance-vie pour profiter de la fiscalité avantageuse.

⚠️Attention :

Veillez à ne pas concentrer excessivement votre patrimoine sur l’immobilier. La diversification reste essentielle : l’immobilier, contrairement aux idées reçues, comporte des risques et peut connaître des fluctuations de valeur comme de rendement. Il est donc important de répartir vos investissements sur d’autres classes d’actifs, notamment en bourse, par exemple via des ETF qui suivent des indices.

Ce qu’il faut retenir

Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) permettent d’investir dans l’immobilier locatif dès quelques centaines d’euros, sans gérer directement les biens. Avec des rendements moyens de 4,7 % en 2024, atteignant 8-10 % pour les meilleures en 2025, elles offrent revenus réguliers et diversification. Mais faut-il opter pour un achat à crédit ou via une assurance-vie ? Voici les clés pour choisir selon vos objectifs.

  • SCPI à crédit : pour développer son patrimoine via l’effet de levier
    • Idéal pour : Investisseurs avec TMI modéré (<30 %) et capacité d’emprunt solide.
    • Atouts : Effet de levier, loyers couvrant partiellement les mensualités, intérêts déductibles des revenus fonciers.
    • Limites : Frais élevés (>10 % à l’entrée, assurance emprunteur à payer), liquidité réduite, fiscalité lourde sur les revenus (jusqu’à 45 % + 17,2 % PS).
  • SCPI en assurance-vie : pour la fiscalité et la transmission
    • Idéal pour : Profils prudents, fortement imposable, ne pouvant ou ne souhaitant pas s’endetter, ou ayant pour objectif de transmettre.
    • Atouts : Fiscalité avantageuse (abattement de 4 600 €/an après 8 ans ou 9 200 €/an si couple, jusqu’à 152 500 € exonérés par bénéficiaire à la succession), liquidité accrue, frais d’entrée réduits (2-8 %).
    • Limites : Choix de SCPI restreint selon le contrat d’assurance-vie, frais de gestion à prendre en compte.
  • Stratégie hybride : Combinez les deux pour allier levier du crédit et fiscalité de l’assurance-vie, tout en diversifiant (immobilier <50 % du portefeuille global de vos actifs).

Vos questions les plus fréquentes

À propos de l’auteur
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Karim IDIR – Fondateur de Gère ton patrimoine

Expert en gestion et ingénierie du patrimoine

Avec plus de dix ans d’expérience en gestion de patrimoine, je partage mes connaissances pour aider les Français à faire les meilleurs choix patrimoniaux.
Diplômé des universités Paris-Dauphine, Paris I-Sorbonne et Clermont-Ferrand, j’allie expertise académique et expérience de terrain pour proposer des articles accessibles à tous.

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